Silent Hill 2 - Promise Reprise

Clarisse avait son coude posé sur la table, miroir de poche dans la main gauche, tandis que les doigts de sa main droite exerçaient une pression sur sa paupière inférieur tout en faisant coulisser un crayon noir dans cette zone ci. Après avoir fini son œil droit, elle s’attaqua au deuxième en procédant de la même manière.
Une fois terminé, sa main se glissa dans une pochette remplit de maquillage, où elle y laissa le crayon khôl afin d’y attraper un « monobulle » de couleur « poussière d’étoile ». Un nom bien métaphorique pour désigner un simple fard à paupière argenté qui lui avait coûté pas moins de 20€.
Après avoir appliqué la poudre à l’aide d’un pinceau estompeur sur sa paupière immobile, sa main attrapa un « duobulle » couleur « black & white » tandis que ses yeux restaient fixés sur le miroir à la forme rectangulaire. Clarisse appliqua du noir sur sa paupière mobile ainsi que sur sa paupière inférieur à l’aide de son majeur. Après avoir fini de se torturer les yeux, elle attrapa un mascara effet « faux cils » afin d’étoffer et de foncer le tout.
Pour terminer, elle appliqua du gel pailleté « perle de nacre » sur les zones les plus à découvert : lèvre, paupières, décolleté ainsi que les pointes de ses cheveux mi-long. Elle en profita pour se donner un dernier coup de brosse afin de peaufiner son brushing.
Quand elle eut terminé, Clarisse put se détendre en se disant que l’élément majeur de la soirée était prêt : son physique. Elle était habillée d’une minijupe marron taille basse et d’une simple chemise blanche en ayant pensé à laisser les trois premiers ainsi que le dernier boutons ouverts. Ses paires de chaussure étaient alignées sur le sol, elle opta pour une paire de botte plutôt basique mais confortable, qui lui était nécessaire pour la longue soirée qui était en train de débuter.
Un téléphone portable dernier cri sonna alors qu’elle s’appliquait du parfum de Lolita Lempicka dans le creux de ses poignés et derrière ses oreilles. Elle l’attrapa rapidement :
- Oui ?
- Clarisse c’est moi, ta meilleure amie, ta chérie, ta confidente !
- Oui ma chérie ! T’es bientôt là ? Demanda-t-elle en souriant.
- Et bien … C’est que … J’ai déjà commencé à boire et …
Clarisse fit la moue bien que ce genre de situation ne lui était pas inconnue. De toutes ses amies, elle était celle qui buvait le moins. Et comme la plupart du temps… C’était elle qui s’abstenait d’alcool et qui était de corvée de conduite. Ce n’était ni la première fois et ni la dernière ! Après un silence de quelques secondes, elle reprit la parole :
- C’est bon j’ai comprit … J’ai fini de me préparer, j’arrive chez toi dans 20 minutes.
- Ok ! S’exclama son amie. Pense à prendre des bières s’il t’en reste, on a tout liquidé ici.
- T’inquiètes pas … Je vous connais bande d’alcooliques !
Après avoir raccroché, Clarisse noua ses bottes, prit un sac et y plaça ses dernières bières avant de prendre les clés de sa voiture.
En quittant son studio, elle dut traverser le hall de sa cité universitaire. Elle y croisa une jeune fille en pyjama, assise sur le sol en train de téléphoner à partir d’un poste publique. Les étudiants qui ne possédaient ni téléphone fixe, ni portable n’étaient pas très nombreux.
Clarisse avait de la chance. Ses parents la soutenait financièrement mais sans excès. Il lui payait l’année de Faculté ainsi qu’une partie du loyer mais ils lui avaient également prêté de l’argent pour qu’elle puisse se payer le permis et une petite voiture d’occasion. En compensation, elle travaillait quelques heures par semaine dans un supermarché pour pouvoir rembourser ses parents, payer la partie restante de son loyer, son EDF, sa nourriture ainsi que toutes les petites dépenses quotidiennes tel que l’essence, les vêtements ou les sorties aux restaurants.
Arrivant sur le parking de la cité U. elle put y croiser de nombreux jeunes de son age se préparant pour la sortie du Samedi soir. Il ne faisait pas trop froid en cette belle nuit d’Octobre. L’été fut chaud cette année là et il prenait tout son temps pour faire place à l’hiver au bonheur de tous.
- Et merde, j’aurai du prendre une veste, il va faire froid à 5h du matin …
Clarisse n’avait qu’une seule envie, c’était de rejoindre ses amies au plus vite afin de s’amuser en boite de nuit. Elle referma la porte de sa voiture après s’être installer se disant qu’elle se passerai de sa veste pour cette fois ci.
Elle prit donc la direction de la maison de son amie Amandine. Elle alluma son poste de radio en sélectionnant l’une des stations pré enregistré. La conductrice se mit à chantonner au rythme de « Don’t let me go » de David Guetta.
Arrivé à un feu rouge, elle s’arrêta à coté d’une Golf où quatre garçons buvaient chacun leur tour dans une grande bouteille de Whisky. Elle trouvait ça pathétique de boire au volant et ainsi de risquer la vie de plusieurs personnes. Le feu passa au vert. Clarisse accéléra et bifurqua ce qui lui permit de prendre une direction différente de la précédente voiture.
Quelques minutes plus tard, elle stationna devant une villa et klaxonna. Une bande de quatre filles sortit en trombe et pénétra dans la voiture tout en saluant Clarisse.
- Alors comme çà on est réveillé depuis même pas 2 heures ?! S’exclama une blonde aux lèvres pulpeuses. On a pas arrêté de t’appeler mais on se doutait que tu dormais.
- J’ai passé une journée assez difficile, expliqua la conductrice. Je n’aurais pas dû vous accompagner hier, je suis arrivée en retard au taf ce matin.
Amandine prit la parole en lui disant qu’elle venait de rater une bonne raclette mais son amie répliqua qu’elle au moins, ne sentait pas le fromage. Peu de temps après, le groupe de fille entamait la dernière bouteille de bière tandis que Clarisse conduisait musique à fond, en direction du « Paradisco », l’une des meilleures discothèques du département.
Peu de temps après, les cinq jeunes filles sortirent de la Clio et se dirigèrent vers l’entrée du « Para ». Après une attente d’une demie heure, Clarisse passa la première en caisse afin de payer l’entrée de 13€ qui lui donnait droit à une consommation gratuite.
« - Ça fait cher le Coca … » se dit elle.
Amandine lui attrapa le bras et la fit avancer en direction de la salle où l’on pouvait entendre « Whenever, Wherever » de Shakira.
- Viens sur le podium avec moi !!
- Laisses tomber, lui répondit Clarisse, il y a trop de monde et la vieille prend la moitié de la place à elle toute seule …
- Justement, on va lui prouver que les reines de la soirée, c’est nous !
Les deux amis se dirigèrent vers un box de bois se trouvant à un mètre du sol tout en se faufilant entre les jeunes de leur âge déjà à moitié saoul. Arrivé devant l’objet de leurs désirs, elles s’aidèrent mutuellement afin de monter sur le podium, puis elles se mirent à se dandiner tout en se frottant l’une contre l’autre. Elles se jetèrent des regards complices à chaque fois qu’elles voyaient « la vieille » se rattraper aux autres danseurs pour ne pas tomber tête en avant. Puis elles finirent par se retrouver que toutes les deux en hauteur, avec la gente masculine bavant à leurs pieds.
Clarisse et Amandine se connaissaient depuis quelques années. Elles avaient passé leurs adolescences ensemble, quand l’une avait embrassé son premier petit copain c’était le soir même où la deuxième avait posé ses lèvres sur celles de l’autre copain. En gros, elles avaient partagé pas mal de choses !
L’attention de Clarisse fut attiré par un jeune homme se trouvant quasiment au fond de la salle. Il la fixait du regard. Elle ne pouvait en être sur et pourtant … Elle avait ce petit truc au fond du ventre qui lui donnait des frissons.
« - Il m’a l’air plutôt mignon en plus … »
Clarisse en profita pour effectuer ses meilleurs pas de danse tout en donnant un coup de coude à son amie :
- Je crois qu’on a de la chair fraîche pour ce soir, dit elle en lui indiquant la direction du jeune homme.
- Sympathique, avec un peu de chance ils auront une bouteille d’alcool et nous ferons boire à l’œil, répondit elle avec son plus large sourire.
Elles continuèrent à s’exhiber sur quelques chansons, regardant où était le reste du groupe qui n’avait pas perdu de temps pour se faire allumer et offrir quelques verres.
- Bon, je vais aux toilettes.
Amandine lui répondit qu’elle restait sur le podium en l’attendant. C’est ainsi que les deux amies se séparèrent quelques minutes…
Clarisse avança en direction du fond de la salle. En direction du jeune homme... Celui ci l’observait depuis un petit moment à présent, et il n’en détachait pas le regard ne serait ce que d’une seule seconde.
« Clarisse, il est vraiment à fond sur toi … Je vais lui acheter un bavoir si ça continue » se dit elle.
Il se leva de son siège et se dirigea vers elle. Elle, voulant toujours se faire désirer ne lui jeta même pas un regard et ouvrit la porte des toilettes sans même le regarder.
Elle se cala devant le miroir et se regarda afin de se recoiffer et se remettre un peu de brillant à lèvre. Elle en profita également pour sortir une lingette déodorante afin de se passer un coup de fraîcheur avant de se faire accoster. Quand elle fut prête, elle sortie enfin en regardant son amie au loin, qui était déjà en train de boire un verre avec un blondinet.
« Elle n’a pas perdu de temps » pensa t elle.
- Salut, excuses moi mais … Ça te dit de boire un verre à ma table ?
Clarisse se retourna et vit … Le jeune homme qui la regardait depuis quelques dizaines de minutes.
- Pourquoi pas, lui répondit elle en souriant. Moi c’est Clarisse.
- Alexandre. Viens je vais te présenter.
Ils se dirigèrent tout deux en direction de la table. Ils devaient être une dizaine mais aucune fille ne les accompagnait. Clarisse les regarda attentivement pendant qu’Alexandre lui servait du Coca. Décidément, elle avait l’embarra du choix.
C’est ainsi qu’ils entamèrent la conversation. Le jeune homme était militaire depuis maintenant 2 ans. Il avait eu 2 semaines de vacances et devait repartir à sa base le lundi suivant. Il posa beaucoup de question à Clarisse, lui vouant un réel intérêt. Elle lui expliqua sa situation, son travail d’hôtesse de caisse, ses études à la Fac et lui montra de loin ses amies qui étaient déjà en charmante compagnie. Quant à lui, il expliqua en quoi consistait son dur quotidien loin de ses proches.
Le courant passait bien, si bien que Clarisse ne réalisa pas qu’elle discutait avec lui depuis déjà un peu plus d’une heure. Son sourire la faisait craquer et les moments où il lui murmurait une ou deux phrases dans le creux de l’oreille lui provoquait des frissons sur toute la colonne vertébrale. Décidément, Alexandre était vraiment irrésistible !
Leur conversation sur la pollution fut interrompue par l’arrivée d’Amandine qui glissa à son amie :
- Ça va tu t’amuses bien ?
- Oui ne t’inquiètes pas pour moi, lui répondit Clarisse en souriant. Je te présente Alexandre.
- Enchanté.
Ils se firent la bise, puis Amandine expliqua à son amie :
- Je vais dans la voiture avec Loïc, le type que j’ai rencontré tout à l’heure. Si tu dois partir, ne t’inquiètes pas pour nous, je crois qu’aucune de nous n’a l’intention de dormir toute seule.
Clarisse lui sourit en lui expliquant qu’elle comptait bien rentrer chez elle et toute seule.
Après le départ de son amie, elle regarda Alexandre qui venait de lui servir un autre verre de Coca.
- Ce que je déteste dans les discothèques, c’est que leurs boissons sont vraiment dégueulasse, s’exclama-t-elle en buvant une gorgée de la boisson.
Leur discussion reprit cette fois ci sur les animaux de laboratoire. Alexandre lui expliqua qu’il ne comprenait pas que l’on puisse faire autant de mal à des animaux, les torturer, comme coudre les yeux d’un singe pendant son sommeil pour voir sa réaction à son réveil. Clarisse fut réellement touchée par la sensibilité du jeune homme et le trouva d’autant plus craquant.
- Ton Disney préféré ?
Elle se mit à rire.
- Tu vas pas me dire que tu aimes ça ?!
- Pourquoi pas ?
- Pocahontas, sans hésiter.
- Je ne te crois pas …
- Pourquoi ? Lui demanda-t-elle.
- Moi aussi, lui répondit il en rougissant.
Clarisse trouvait ce garçon de plus en plus adorable et …
Je vais vomir …
- Clarisse, ça va pas ?? Lui demanda Alexandre.
- Je me sens pas très bien, je vais au pipi-room, ne bouge pas.
La jeune fille se leva et s’en alla en direction des toilettes.
Clarisse se regarda dans le miroir et vit un visage livide.
- Et merde … Qu’est-ce qu’il m’arrive … Ça doit être la fatigue.
Elle s’approcha d’une des portes portant une étiquette « WC », y entra et s’agenouilla devant la cuvette après avoir verrouillée la porte derrière elle. La jeune fille regarda la propreté qui laissait à désirer, ainsi qu’une serviette hygiénique neuve qui était collée sur le mur.
- Beurk … Y’en a vraiment qui n’ont aucun respect pour les autres ….
C’est à ce moment là que Clarisse cru réellement qu’elle allait rendre son dîner de la veille. Une main devant la bouche, elle eut un haut le cœur, puis elle pencha sa tête au dessus de la cuvette et respira profondément en fermant les yeux. La nausée lui était insupportable et pourtant … Rien ne sortait. Elle se mit à regarder sa main, puis ses doigts, et se dit qu’il serait peut être plus rapide de les enfoncer au fond de sa gorge afin de se faire vomir pour de bon.
Clarisse prit une profonde inspiration, ferma les yeux, puis enfonça son majeur et son index dans sa bouche, au fond, tout au fond et …
- Dites les filles, à votre avis, j’ai une chance avec Seb ? Il est tellement beau …
- Mais bien sur, ça se voit trop !! Il te dévore du regard !
« Oh non … J’étais sur le point d’y arriver … » se dit elle.
Les jeunes filles qui étaient entrées dans les toilettes pour femme avaient coupé l’envie de vomir de Clarisse.
Après s’être relevée, elle sortit de ses WC en laissant la porte ouverte derrière elle. Elle sentit des regards la dévisager tandis qu’elle s’appliquait de l’eau sur le visage.
Clarisse retourna à la table d’Alexandre tout en essayant de se frayer un chemin parmi le monde.
- Ça ne pas ? Lui demanda-t-il.
- Si si ne t’inquiètes pas, mais je pense que je vais rentrer chez moi. De toutes façons tu as mon numéro, tu me rappelles dans la journée pour me dire si on se fait un ciné ou un resto ce soir !
- Oui oui bien sur ! Lui répondit il. Tu veux que je te raccompagne à ta voiture ?
- Je veux bien. Est-ce que tu peux aller dire à mes copines que je rentre ? Dis leur que je peux les raccompagner si elles veulent, en attendant je vais dire au revoir à tes amis.
- Pas de problème, quand tu as finis tu m’attends devant la sortie ok ?!
Ils se sourirent puis elle regarda Alexandre partir en direction d‘Amandine.
Clarisse s’avança vers les amis de son prince charmant, leurs faisant la bise un à un. Ils étaient sympa, et lui proposèrent même de la raccompagner si elle ne se sentait pas de conduire. Elle répondit par la négative tout en les remerciant pour leurs attentions.
Après avoir dit au revoir à tout le monde, elle s’assit près de la porte de sortie. Elle chercha Alexandre du regard : il parlait à la blonde aux lèvres pulpeuses et celle-ci lui fit un grand sourire.
« Ne t’emballes pas Pamela Anderson ! Alex est à moi » se dit elle en souriant.
Elle avait pour habitude d’appeler son amie « Pamela Anderson » sous prétexte qu’elle lui ressemblait suffisamment pour se faire demander des autographes dans la rue…
Alexandre rejoignit son amie à la sortie en lui disant :
- Apparemment elles préfèrent toutes rester ici. Elles ont trouvé leurs chevaliers servant pour ce soir.
- Tu dois avoir une belle opinion de nous, lui répondit Clarisse tout en marchant à ses cotés, main dans la main.
- Nous sommes jeunes, ils faut profiter de la vie, non ?
- Oui c’est sur … Mais il y a des fois où je me dis que j’aimerai bien m’assagir.
Allait-il comprendre sa phrase comme une invitation à « tenter » quelque chose de sérieux ? Elle n’en savait rien, mais elle l’espérait au fond d’elle-même.
« Décidément, je crois que j’ai eu le coup de foudre. »
Arrivé à la Clio, ils se regardèrent un moment sans rien dire. Puis ils s’embrassèrent une dernière fois avant que la jeune fille n’insère la clé dans la serrure de sa porte. Elle était sur le point de l’ouvrir quand …
- Clarisse !!
Alexandre la retint de justesse, celle-ci s’écroulant sous ses jambes. Le jeune homme ouvrit sa voiture et la fit s’assoire à la place du conducteur.
Clarisse était blanche comme un linge et avait la vue trouble. Elle entendait Alexandre comme si elle avait sa propre tête sous l’eau à la mer.
- Clarisse, tu veux que je te raccompagne ?
- Hum … Je … Quoi ? J’ai pas compris, lui dit elle les yeux à moitié fermés.
- Je te raccompagne chez toi, ne bouges pas d’ici je vais chercher ma voiture, ok ?
- Euh … Ok, je t’attend.
Elle regarda Alexandre s’éloigner sans vraiment savoir pourquoi elle devait l’attendre ici. Elle n’avait pas compris qu’Alexandre avait pour intention de la raccompagner.
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